Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 08:14
 

Arrivées vendredi soir à 23h15... 2h pour passer le contrôle des passeports, couchées à 3h mais levées à 9h pour profiter de la ville! Nous nous sommes lancés à l'assaut de Sultanahmet, direction le Grand Bazar pour une première bouffée d'Orient ! 
     

Déjeuner entre la Mosquée Bleue et Aya Sofia, les meilleurs köfte d'Sitanbul. (Pain fourré de boulettes de viande cuites sur la braise) 

Visite de la Basilique Sainte Sophie : à l'origine chrétienne, elle est transformée en Mosquée lors de l'invasion ottomane. Et depuis le début du siècle, elle dispose du statut de musée. De l'extérieur, on n'aperçoit un bâtiment massif, aux proportions écrasantes et peu harmonieuses. 
Mais dès le premier pas sous sa coupole, on est pris de vertige par la légèreté et la hauteur de celle-ci. Les fresques chrétiennes se mêlent naturellement aux idéogrammes musulmans.
 
 A l’intérieur, il ne faut surtout pas rater une certaine colonne. L’eau sous Sainte-Sophie serait aspirée vers le haut à travers celle-ci. En mettant votre doigt dans un trou prévu à cet effet, vous pourrez sentir l’humidité. Il paraît que la colonne a de nombreuses vertus : elle aurait le pouvoir d’exhausser les vœux et de favoriser la maternité. Pour cela, il faut glisser le pouce dans le trou, en posant la main à plat, et réussir à faire le tour complet avec la main à plat.
 


Ensuite petite balade de quartier en passant par la Mosquée Bleue et Kücük Aya Sofia. 



La Mosquée Bleue ou Sultanahmet Camii (la mosquée du Sultan Ahmet) est l'une des mosquées historiques d'Istanbul. Construite entre 1609 et 1616, elle doit son nom aux mosaïques bleues qui ornent ses murs intérieurs.
Elle est le point de départ des caravanes de pèlerins musulmans vers La Mecque et reçoit le privilège islamique de présenter six minarets, fait unique au monde. Lorsque le nombre des minarets a été révélé, le sultan avait été critiqué pour présomption, car il s'agissait, à l'époque, du même nombre qu'à lamosquée sainte de la Ka'ba à La Mecque.

Il a surmonté ce problème en payant pour la construction d'un septième minaret pour la mosquée de La Mecque.


 

 


 

 Kücük Aya Sofia


 
Retour à l'appart, pour un goûter de baklavas... ces délicieuses pâtisseries au miel dont Lili s'est fait un overdose pendant 5 jours! 

 
    
Puis le soir, petite sortie à l'araf mais seulement après avoir testé le fameux börek de la mère de Dilan!

 Dimanche matin, réveil plus tardif. 
     
Descente sur Taksim, à voir autant de jour que "by night"! Petit tour sur le vieux tramway et descente à pied jusqu'au pont de Galata, avec un petit détour pour admirer la Tour de Galata.



 
Visite de Topkapi Sarayi pour les filles pendant que je bulle au soleil dans le parc de Gulhane, qui jouxte le Sarayi. Avec une magnifique vue sur la Corne d'Or, le Bosphore et la Mer de Marmara. Soirée plus tranquille, je leur ai fait essayé les dürüms du quartier. Un vrai régal. 




 
Puis petite balade nocturne à Ortakoy, quartier situé près du premier grand pont qui enjambe le Bosphore. Mais seulement après un dîner dans mon restaurant favori de dürüm...


 
Lundi matin : dernier jour pour Constance. Nous avons pris le bateau, histoire de poser un pied en terre asiatique! çay sous le soleil du matin, puis balade qui s'est terminé un peu loin dans les terres (je me suis un peu paumée sur le périph ...) 

 




 
Nous avons repris le bateau pour Sultanahmet, histoire de se balader une dernière fois dans la vieille ville et de déguster des gözleme, un des mes plats favoris. Des sortes de crêpes fourrées soit à la patate, soit aux épinards, soit au fromage. Le kiff. 

Passage obligatoire au Bazar Egyptien histoire de chiner quelques épices, puis négociation ardue au Grand Bazar...  

     
 
Je raccompagne Constance à l'aéroport pendant que Leslie va se perdre dans les rue du vieux Stamboul. Mardi, Leslie a fait la grasse matinée. 
Petite visite de la fac, où je lui ai fait testé le restaurant universitaire. 


    
Puis grosse soirée au Ritim de Taksim où mon ami turc Bahadir s'est efforcé de rassembler les troupes. Réussite! Nous avons fini sur la makarena à 3h du matin avec Sanne, Martti , Johannes et nos amis. 

   
 Leslie et Demet
 Suzie et Bahadir

 
Mercredi : départ de Leslie, fin de la petite bouffée d'air frais en provenance de France. Mais pas le temps de s'apitoyer sur mon sort (qui n'est pas si dramatique tout de même) Je suis repartie le soir même pour un long week end de 5 jours dans les terres anatoliennes entre Ankara et la Mer Noire!
Par Suz
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 23:32

 

Vendredi 30 octobre : EFES Pilsen Blues Festival. 


Efes est la principale marque de bière, produite en Turquie. Elle doit son nom à l'une des anciennes cité grecque Ephèse (en turc Efes). Elle est assez légère, et doit son goût un peu particulier à la présence de riz, incorporé aux autres ingrédients lors du brassage. En l'occurence, la marque sponsorise un festival de blues, auquel nous avons eu accès gratuitement grâce à Deniz (encore merci, le bon plan d'avoir une coloc qui bosse dans l'événementiel...)

    

 
Je vous passe ma préférée : Shemekia Copeland. Une petite black nerveuse que j'ai beaucoup aimé. 

Et sinon le retour à pied sous LA PLUIE ... Le temps (pourri) nous a donné des envies de comédies musicales, et les seaux d'eau qui nous tombaient sur la tête sont brusquement devenus très amusants, surtout lorsque l'on saute dedans!

 Ouais, j'ai l'air de hurler de peur mais en fait je suis morte de rire... on admire ma jupe, qui n'a pas trop apprécié les flaques d'eau (tout comme le pantalon de Johannes à l'arrière!) J'ai rarement été aussi trempée de toute ma vie. Mais j'ai plutôt intérêt à m'habituer à la pluie car il pleut SOUVENT à Istanbul en hiver et pas la petit crachin désagréable mais de véritables seaux d'eau!

Et non, personne n'a été malade le lendemain! 


Samedi 31 octobre 


La mère de Dilan est revenue inspectée l'appart, avec la tante en plus cette fois. Une vrai maman turque, qui nous considère tous comme ces enfants. (Dilan est obligée de la retenir pour qu'elle ne range pas la chambre de Johannes) Elle nous a fait plein de délicieux plats traditionnels... un vrai régal avec le vin que Martti a ramené de Cappadoce. 

        Ici, des poissons et du calmar frits à la poêle...

 Là, des börek ("beurek") un vrai petit régal. Ce sont des pâtisseries salées, très populaire dans l'ancien empire ottoman. Il existe de nombreuses recettes : on en trouve au fromage, aux épinards, à la viande, à la pomme de terre... Ils sont faits à base de pâte phyllo, une mince feuille de pâte utilisée dans de nombreuses cuisines méditerranéennes. (l'épaisseur d'une feuille de papier voir quelques millimètres) 

 
 Les poivrons farcis, un classique de cuisine turque! Autant de recettes que de ménagères en Turquie. Nos poivrons étaient végétariens ( à cause Johannes et Marrty). Mais on trouve beaucoup de plats de légumes farcis avec de la viande : j'ai un faible pour les aubergines personnellement!
 




Pour ce qui est du vin, il m'est arrivé plusieurs fois la situation assez génante où l'on achète du vin, car après tout, il y a une française à table ... et que vous êtes SENSE vous y connaître parce que vous êtes FRANCAISE... mais que vous y connaissez que dal au final. 

Enfin pas au point de ne pas reconnaître du vinaigre. Après 2 ou 3 expériences désagréables à sourire pour ne pas vexer les gens persuader que c'est parfait, j'ai définitivement arrêté le vin turc. 

Mais depuis que Martti nous a ramené cette petite bouteille de Cappadoce, je reprends espoir...


Et sinon, la fin de soirée, comme d'hab... dance-floor!

  


Dimanche 1 novembre : Patte Folle


Je commence bien le nouveau mois : une petite foulure de la cheville au pied droit !! Comment? ... euh, ben j'ai voulu faire la maligne, et j'ai sauté dans une flaque d'eau... et je l'ai pas raté! Enfin elle ne m'a pas raté, et elle était surtout beaucoup plus profonde que prévu!


 


Donc maintenant, je clopine ... 


Par Suz
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 23:10

 

Jeudi 29 octobre

Je suis allée visiter quelques mosquées avec Sanne cet après-midi, histoire de passer le temps de manière intelligente en cette journée pluvieuse... et froide...

On m'avait prévenu que la température baissait d'un seul coup à la mi-octobre. Au final, on passe carrément du débardeur Petit Bateau au Damard en quelques jours (chute de température : -15 degrès en 2 jours...)

Mais le beau temps revient à la fin de la semaine prochaine! :)

 

Pour ce qui est de notre visite culturelle de la journée, je ne m'attarderais que sur une seule des mosquées que nous avons visité, mais qui en vaut la peine!

Il faut dire que Istanbul compte plusieurs milliers de mosquées (quasi 3000). Sans comparaison avec nos églises en France. Même au Moyen Age, l'église catholique n'était pas aussi présente dans la vie des gens. Ici, vous trouvez une mosquée tous les 100 mètres. Elles constituent un lieu de vie à la fois d'un point de vue religieux, mais aussi social, culturel et éducatif. Elles sont toujours entourés de nombreux commerces  et café, les enfants jouent dans leurs cours... Un lieu de passage et de vie. Mais le sentiment le plus surprenant, c'est lorsque vous rentrez à l'intérieur de la mosquée. Au moment où l'on foule le tapis de prière, on a d'un coup la sensation de rentrer dans une bulle insonorisée. Le bruit perpétuel des rues stambouliotes s'estompe dans un murmure diffus, on a l'impression de passer dans une autre dimension.

 

Mais pour en revenir à la mosquée dont je souhaite vous parler, elle constitue l'un des petits bijoux d'Istanbul, trop souvent oubliée. Il s'agit d'une ancienne église byzantine Saint-Pierre-et-Saint-Bacchus, dénommée à présent Kücük Aya Sofya Camii : la Mosquée de la Petite Sainte Sophie. A ne surtout pas confondre avec Aya Sofya : l'énorme mosquée-basilique ... 





   

C'est Justinien, le célèbre empereur (celui du Corpus Juris Civilis pour les juristes), qui donne l'ordre de construire cet édifice en 527. Durant près de 1000 ans, elle reste un lieu de culte chrétien. Puis elle sera transformé en mosquée au tout début du XVIe. 

D'où la présence de nombreux attributs chrétiens : 

 

- notamment un ancien fond baptismal 
 

 

- et des frises en grec à la gloire de Justinien, de sa femme Théodora et de Saint Serge.
 

 



A propos de Théodora, c'est un de mes personnages préférés dans l'histoire de Constantinople... Une des premières impératrices. A l'époque où la ville était chrétienne. Complètement allumée! (l'impératrice et la ville)

 Je vous cite quelques passages de mon livre de chevet : 

 

(Gilles Martin-Chauffier, Le Roman de Constantinople)

 

" Dans la constellation des femmes fatales arrivées au firmament par la voie lactée des orgies, elle brille comme la lune parmi les étoiles mais, à sa naissance, en l’an 500, aucun astre n’est penché sur elle. Nul dans sa famille n’a jamais circulé en litière armoriée. Sa mère n’a pas les jolies mains des patriciennes occupées à ne rien faire. Elle est acrobate dans un cirque. Et son mari est dresseur d’ours pour le Bleus, à l’Hippodrome, ou il leur arrive de loger sous une volée de marches. Seulement Théodora illumine très vite les pupilles de tous ceux qui la voient. Ses longs cheveux noirs, brillants comme le satin, ses grands yeux sombres, vifs et malicieux, son teint pâle comme le lait qu’elle ne rehausse jamais d’aucun maquillage, la grâce voluptueuse de ses expressions, la douce langueur de ses gestes, tout est charme dans son corps menu et son visage de chipie enjouée. Dés douze ans, elle en est consciente. Tant mieux pour elle, d’ailleurs, car c’est l’âge auquel elle se retrouve orpheline. Sa mère succombe au cours d’une des émeutes religieuses qui agitent la ville lorsque celle-ci souhaite exprimer son mécontentement au gouvernement. Or, celui-ci exaspère le peuple. L’empereur, Anastase, est un vieux sénateur arrivé sur le trône grâce à une réputation de droiture et d’intégrité. Rien d’usurper dans ces deux titres sauf qu’ils signifient d’abord parcimonie. Anastase déteste les dépenses. Il économise sur tout. A terme, cela arrangera tout le monde car, à sa mort, il laissera au Trésor Impérial le solde inimaginable de trois cent vingt mille livres d’or. Pour l’instant, cela agace Byzance qui aime assumer son luxe. D’où ces émeutes et d’où la brutale solitude de la petite fille qui ; du jour au lendemain, doit faire face à la vie. Et y parvient sans peine. A quinze ans, Théodora est une des courtisanes les plus réputées de la ville. Elle est haute comme trois pommes, maigre comme un bâton de vanille et piquante comme le citron mais, pour finir, de l’avis unanime de ceux qui y ont gouté, délicieuse. Je précise que ce ne sont pas les historiens officiels toujours prêt à embellir les dindons pour les voir en aigles qui évoquent ainsi Théodora. Même Procope, son pire ennemi, a accumulé des éloges dithyrambiques sur son charme. Ainsi que des ragots croustillants qui la rendent toujours odieuse aux yeux des honnêtes gens (c'est à dire des plus ennuyeux, les plus conformistes et les plus hypocrites de la ville) et à jamais exquise dans la mémoire des gens honnêtes (c'est à dire ceux qui admettent qu’on est d’abord sur terre pour profiter de la vie). Un soir, sur une scène ou elle venait de donner un spectacle de mime, seulement vêtue d’une espèce de string médiéval, elle s’étendit au sol et fit verser par ses boys sur son mont de Vénus des grains que deux oies vinrent picorer un à un. Byzance en parle encore. Mais Théodora n’était pas seulement une prémonition des Blue-Bell Girls, c’était aussi une reproduction théâtrale de Messaline. La légende veut encore qu’un autre soir, lors d’un banquet qui dégénéra en marathon sexuel, elle est écrasé la concurrence en épuisant dix invités, puis quinze domestiques avant de conclure par cet aveu dépité : « Quelle pitié que la nature ne m’ait dotée que de trois trous. Je me ferais bien percer les seins. J’ai encore faim. » Inutile de préciser que ce genre de formule trouva vite un public d’amateur. La vivacité de son esprit était à la mesure de la souplesse des reins de Théodora. Tout le monde savait que de la plus profonde gorge de la ville sortait aussi les remarques les plus fines. Au point que tous l’invitaient, intellectuels, patriciens, sages et même voyants. Plusieurs d’entre eux lui ont annoncés un destin exceptionnel, elle crut l’heure des prédictions arrivée quand Hécébole, grand commis de l’Etat nommé gouverneur de Cyrénaïque, lui proposa de l’accompagner en mission : « Anastase disait-il, n’en a plus que pour quelques mois. Je vais aller remporter quelques victoires faciles contre les Vandales. Elles me vaudront la couronne et je déposerai celle de l’impératrice à ton front. » Théodora y crut, vendit ses biens et sacrifia sa position à Constantinople au profit d’un vieil homosexuel qui se débarrassa d’elle en la vendant à un marchand d’esclaves. Par chance, il en aurait fallu plus pour la décourager et on la retrouva bientôt à Alexandrie. Mais, pour elle, ce furent trois années de perdues. 

Pour un autre, en revanche, ce furent celles de la montée vers la gloire. En effet, vers 515, un nom se mit à circuler en ville : Justinien. D’où sortait-il donc ? De nulle part ! Né dans un village d’Illyrie, il était venu à pied à Constantinople pour s’engager dans un régiment ou Justin, un oncle à lui, servait comme officier. L’un et l’autre avaient de la boue aux pieds mais savaient se battre et Justin gravit vite les échelons de la hiérarchie. Dans un régime où chacun peut espérer la couronne impériale, passer pour un âne devient vite un atout. Justin en était un de première catégorie. Il se retrouva à la tête de l’armée. Aucun ministre ne craignait ce paysan mal dégrossi. Pour leur malheur, aucun ne vit que, derrière le balourd illetré, se tenait un aide de camp subtil, manœuvrier et d’une ambition sans borne. Pour s’emparer de l’Empire, Justinien le confia d’abord à Justin. L’exploit est tel que la légende s’en est emparée. D’après elle, Anastase, indécis quant au neveu qu’il choisirait comme successeur, en invita deux à diner et à dormir puis plaça un bijou sous l’oreiller de celui que le hasard désignerait ainsi. Mauvaise pioche : ses petits neveux étaient aussi les deux grandes tantes de la famille et couchèrent ensemble dans l’autre lit. Furieux, l’empereur décida que le lendemain, il nommerait héritier le premier homme digne de ce nom qui pénétrerait dans sa chambre. Ce fut Justin, le chef de la garde. "

 

J'aime beaucoup ce livre, qui offre un vaste tableau de la ville, depuis ses origines à aujourd'hui. Et qui ne se gène pas pour parler des côtés les moins reluisants de son immense histoire!

Nous sommes aussi allé faire un tour à l'Hippodrome où se situe 2 des plus anciens monuments d'istanbul : la colonne Serpentine et l'obélisque de Théodose. Il ne reste plus grand chose de la splendeur passé de l'Hippodrome mais il fut pourtant, pendant 10 siècles, le coeur de Constantinople. Il ne faut se méprendre à son sujet, il n'était pas qu'un lieu ludique. Une bonne partie de la vie politique de la cité se jouait sur les champs de course. C'était non seulement un divertissement mais aussi l'occasion de sonder la population pour le pouvoir en place. Les compétitions pouvaient susciter de terribles émeutes, parfois même des soulèvements. Dixit Le Routard " Imaginez en France des élections remplacées par le tiercé..." Les gradins étaient scindés en 2 : à la gauche de la loge impérial, les Verts représentaient le peuple, et à la droite, les Bleus la classe dirigeante.  

Pour vous donner un exemple, je me permets de citer de nouveau Le Roman de Constantinople, où l'on retrouve une fois de plus Justinien et Théodora... :
 

 

 

"Dès janvier 532, en effet, Byzance n'en peut plus de Justinien. Ses rêves d'empire universel passent complètement au dessus de la tête de ses sujets. Ils ne voient qu'une chose : le préfet du prétoire qui les accable d'impôts. Et l'empereur ne les écoute pas. Justinien ne veut voir que sa tête. Les Verts et les Bleus n'ont qu'à bien se tenir. Un seul mot d'ordre : silence dans les rangs! Il se croit encore à l'armée. Malheureusement pour lui, il est dans une grande ville raffinée et richissime qui supporte mal ces manières de soudard. Au début de l'année, à l'Hippodrome, alors que Justinien pénètre dans la loge impérial, des huées submergent l'enceinte. Puis, une fois lancées les courses, aucun des affrontements habituels entre partis. Les Verts et les Bleus poussent le même cri : "Nika, Nika" (gagne, gagne) Qu'est ce que cela signifie? Que peu importe le vainqueur,vert ou bleu, pourvu que cela soit un homme du peuple. Byzance hurle sa haine à l'empereur. Et sur-le-champ s'enflamme. L'église Sainte Sophie est incendiée. Puis la résidence du préfet du prétoire, puis le Sénat. C'est la révolution. Justinien est atterré. Retranché dans le palais. Le régime s'effondre. Justinien est en train de signer son abdication quand, soudain, en grande tenue d'impératrice, vêtue d'une lourde robe de soie blanche brodée d'or, couverte de la longue cape pourpre agrafée à ses épaules par une énorme fibule d'argent, apparaît Théodora. C'est Minerve tout entière à sa rage attachée. 

"Bande de lâches. Avez-vous oublié d'où vous sortez? Laissez-moi vous le rappeler : du ruisseau! Et si vous ne vous souvenez pas de l'horreur de n'être rien, moi je ne l'ai pas effacée de ma mémoire. Et je ne retournerai pas là d'où je viens. Soyez des hommes. Vous entendez conquérir Rome et vous ne pouvez même pas traverser la rue! Qu'est ce qu'un empereur qui tremble. Je te le dis, Justinien, ce n'est personne. Reprends-toi et balaye-moi cette racaille. Donne un ordre, un seul, à Bélisaire et une mer de sang nettoiera la ville. Qu'as-tu à perdre? Tout. Mais, d'abord, sache-le : moi! La pourpre est le plus noble des suaires et je ne retirerai pas mes vêtements impériaux. Ni ne tolérerai que, jamais, on ne s'adresse à moi autrement que par mon titre. Tu t'appelles César. Eh bien, sois-le!"

Et il le fut. Pour rompre le front ennemi, il convoqua les chefs bleus au palais tandis que Bélisaire bloquait toutes les issues de l'Hippodrome. Affolés à l'idée d'être trahis par leurs alliés, les Verts en pleine assemblée générale ne prirent pas garde aux mouvements de troupe. Et ce fut le carnage. Le pire massacre civil de toute l'histoire de l'empire romain. 30 000 morts."

 

- l'obélisque de Théodose est le plus ancien monument de la ville (3 500 ans), exécuté par le pharaon Thoutmosis III pour célébrer sa victoire en Mésopotamie. Il fut ramené par Théodose en 390 du temple de Karnak. Il mesurait 32,5m à l'origine pour 300 tonnes, mais on l'a "réduit" à 20m pour son transport... Vraiment très impressionnant! 


- la colonne Serpentine .... un vrai bide... 

Un peu comme lorsque vous voyez la Joconde pour la première fois, vous êtes déçus par sa taille! Je m'attendais à quelque chose de plus impressionnant que ce tuyau de bronze de quelques mètres...

Je vous cite le Routard à son sujet : "datée de 479 av JC et rapportée du temple d'Apollon à Delphes par Constantin, en 316, elle représente 3 serpents de bronze entrelacés, d'où son nom. Leurs têtes supportaient un grand vase en or, aujourd'hui disparu, comme les têtes qui furent mutilés. Il ne reste qu'un morceau de mâchoire conservé au Musée d'archéologie d'Istanbul. "


 Un chat complètement miro à la sortie d'une des mosquées.
 

Par Suz
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 23:06

Aujourd'hui, jeudi 29 octobre 2009, est un jour important : c'est la fête de la république en Turquie (en turc « Cumhuriyet Bayramı ») et donc jour férié!
Le 29 octobre 1923, la grande Assemblée nationale a proclamé la République et élu Mustafa Kemal Atatürk premier président de la République. 

Les drapeaux fleurissent à tous les coins de fenêtres... Et en parlant de drapeaux ....



Plusieurs personnes m'ont fait part de leur surprise de voir autant de drapeaux turcs dans les rues, en dehors des jours de fête. La population arbore facilement le drapeau, qu'il y ait une occasion ou non, un peu comme aux USA où le drapeau américain s'affiche partout sans complexe.
Les français interprètent apparemment cela comme un "nationalisme très fort de la part de la population".   Erreur....

 

 

Au fond, pourquoi ne pas être fière d'appartenir à un pays? Et pourquoi ne pas l'exprimer par le moyen le plus simple? En surtout pourquoi toujours confondre nationalisme et patriotisme? 

L'esprit français, toujours un peu retors, paraît faire un complet amalgame entre les 2 termes.

Le nationalisme : c'est une doctrine souvent politisée qui vise à privilègier très fortement l'intérêt national par rapport aux autres intérêts. (Ses dérives dans l'histoire sont nombreuses, ayant parfois conduit au totalitarisme ou à la guerre, je vous passe le cours d'histoire....)


La patriotisme, au contraire, n'est pas une doctrine mais un sentiment. Celui d'être fière de son pays, un sentiment d'appartenance à une région, un village, des valeurs communes.
Et je parle dans d'autres occasions que lors des matchs de foot... 

 

Pour être plus claire, je vais rester dans le domaine sportif. Je suis tombée récemment sur une dépêche au sujet d'un athlète. Au JO de Pékin, il se remémorait ses sentiments lors d'une précédente compétition olympique où il avait reçu la médaille d'or. Son discours était très attachant. Il évoquait la France, la Marseillaise qui lui résonnait encore aux oreilles, le drapeau français, sa fierté de rendre cela à notre pays... Et brusquement, se rendant compte du caractère patriotique de ces propos, il a ajouté : " Mais vous savez, ce n'est pas du nationalisme de ma part..." Voilà qui illustre bien notre état d'esprit si complexé et culpabilisé sur l'idée de nation ou de patrie que l'on n'ose plus avoué sa fierté d'être français... 

 

De toute évidence, les turcs n'ont pas l'esprit aussi retors, ils feraient même plutôt dans l'excès. Dans certaines rues d'Istanbul, il y a tellement de drapeaux suspendus au dessus de la route que l'on ne voit plus le ciel par endroit! 

 

Nous avons aussi participé à la liesse nationale, mais de manière plus mesurée : seulement 2 drapeaux accrochés à nos fenêtres (dont un dans ma chambre et l'autre dans celle de Sanne)

Ce matin, il était assez amusant de voir que dans notre petite rue, nous (la colocation internationale) étions les seuls à avoir sorti les drapeaux au départ. Mais nous avons vite été rejoint par de nombreux voisins.


Pour ce qui est du drapeau turc : Il consiste en une
lune décroissante et une étoile à cinq branches. Le drapeau est surnommé Ay Yıldız al sancak (la "bannière rouge") en Turc. Son origine esy très complexe. Il est tout d'abord quasi-identique au drapeau de l'Empire ottoman, les changements étant sur la forme de la lune et le nombre de branches de l'étoile passant de huit à cinq.

L'origine du drapeau est sujette à de nombreuses légendes dans le pays, et certaines contredisent l'histoire du drapeau ottoman. Parmi les plus répandues, on trouve :

  • Le croissant de lune et l'étoile étaient des symboles saints pour les tribus turques pré-islamiques, tandis que le rouge est la couleur pour le sud.
  • Le rêve du premier empereur ottoman dans lequel un croissant et une étoile apparaissaient sur sa poitrine, présageant de la future prise de Constantinople par sa dynastie.
  • Un croissant et une étoile sont apparus à Mehmed II la nuit de la chute de Constantinople en 1453.
    • Une autre théorie date de l'empire byzantin, mettant en lumière le fait que le croissant et l'étoile ont été utilisés comme symboles de Byzance durant des siècles. Lorsque des Ottomans prirent Constantinople, ils adoptèrent ces symboles pour l'Empire Ottoman (la lune représente la déesse grecque Artémis, et les étoiles la Vierge Marie). L'étoile et le croissant de lune étaient cependant symboles de la déesse égyptienne Isis plus tôt.
    • L'histoire du drapeau turc la plus racontée est qu'en l'an 1071, après la bataille de Manzikert, et la défaite de l'armée byzantine, le seldjoukide Alp Arslan errait sur le champ de bataille lorsqu'il vit le reflet du croissant de lune et de l'étoile sur une mare de sang de guerriers turcs. Il décida alors d'en faire le drapeau représentant les Turcs.
     
Par Suz
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 18:28

Vendredi 23 octobre 


Je n'ai pas cours le vendredi, mais je vais tout de même rejoindre des copains de fac pour manger (1€ le repas, avec crudités et pain à volonté, on ne crache pas dessus)


Quelle n'est pas ma surprise d'arriver à la fac et de trouver la terrasse transformer en espace de concert... et pas qu'un peu


Une scène 


 2 ou 3 bars


un stand kebap, jus de fruits, sandwich


et même un stand publicitaire volkswagen avec la voiture d'exposition!




Mais j'avais déjà une soirée de prévu. Le tournage d'un court métrage dans un bar de Taksim et un soirée dans une gare... 


Mais avant tout trouver à manger ! Un bon petit pilav fait toujours l'affaire que ce soit au niveau du ventre ou du porte monnaie! 


Le pilav turc ou l'art de bonnifier le riz.

Je pensais que le riz était un des aliments les plus faciles à cuire jusqu'au jour où j'ai découvert le pilav turc. A l'oignon (soğanlı pilav), aux aubergines (patlıcanlı pilav), aux pois chiches (nohutlu pilav): Il existe une multitude de recettes, dont certaines datent de l'époque Ottomane. Nature, à la tomate, au bouillon de poulet, avec des raisins secs iç pilav ou des pistaches, garni d'amandes et raisins de Smyrne, chaud ou froid, c'est l'un des piliers de la cuisine turque traditionnelle. 
Aussi important en Turquie que les pâtes en Italie, il accompagne les plats de viandes grillées, s'achète dans la rue pour un ou deux YTL (moins d'un euro) et s'invite à table lors des bayram turcs (jours fériés, fêtes religieuses). 

La plupart des étudiants apprécient beaucoup ce plat très économique, très bon et très varié dans sa composition. Ce soir là, je me suis laissée tenter par un pilav  accompagné de boulettes de viande, alors que Lucie a préféré les épinards. 


Un de mes colocs, Turkiye (prononcé Turkail), est fan de cinéma. Il a déjà réalisé plusieurs court-métrages dont un à Paris. Ayant besoin de figurants pour tourner une scène dans un bar, il n'a eu qu'à faire appel à ses colocs pour le remplir! 
 

Lucie s'est joint à nous ainsi que ces colocs, et nous voilà filmées en gros plans, en train de boire de la bière (gratuitement) et de papoter en anglais sur les derniers potins...


Après cette petite étape cinéma, let's go to the Erasmus party!


 Et pour nous mettre dans l'ambiance : 3 jeunes qui se font leur petit "tribute to Michael Jackson"... choré et music sur Istiklal Caddesi.

Les clubs Erasmus de différentes facs ce sont réunis pour organiser une énorme soirée de bienvenue, dans une gare! (Imaginez faire la fête dans la gare MontParnasse)

Quelques photos de la gare de Sirkeci ("Sirkedji")  en plein jour, car elle en vaut le coup! 


Et transformation... ACCOMPLIE!
 
 
        



Par Suz
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