Début des choses sérieuses
première sortie nocturne (samedi 26 sept)
Effectivement, la movida d'Istanbul n'a rien à envier à celle de Paris, Londres ou Madrid.
Nous avions décidé de rejoindre d'autres étudiants Erasmus dans un bar, sur Istiklal à Taksim. Nous nous sommes entassés à 5 dans un taxi pour 4. Comme la plupart des chauffeurs, le nôtre se prenait pour Satanas dans les Fous du volant. A 110 km/h sur une route limitée à 20... La course se négocie au départ, car les compteurs sont souvent trafiqués. Pour presque 20 min de taxi, nous avons payé 1 euro chacun, au lieu de 75 cts d'euros pour 45 min de bus....
Arrivés sur Taksim, l'une des places centrales de l'Istanbul moderne, la foule nous a scotché. Nous avons tant bien que mal rejoint le bar et commencé les choses sérieuses. Il était 23h30.
Le bar, où nous étions, disposait d'une terrasse sur le toit, au 6e. Les garçons ont testé le pastis nationale : le Rakı ("Raké"). On dit qu'au 1er verre, on se sent comme un sultan, au 2e on se découvre des talents inattendus, au 3e verre, on comprend le turc, au 4e on ne se rappelle plus où l'on est, au 5e on se couche n'importe où, et le 6e il vaut mieux éviter.
J'ai trempée les lèvres dedans, et c'est vraiment très fort. Alcool à 45°. Quasiment pas d'eau. Avec Sandrine nous sommes sagement restées à la bière, qui est très bonne et très légère.
Grégoire avait sympathisé quelques jours auparavant avec un turc, Baran, qui nous a rejoint.
Après une soirée avec lui, nous sommes tous d'accord pour en faire notre meilleur ami! Un type complètement psychédélique, et un peu barré. C'est un adepte du couh-surfing, il avait ramené avec lui une américaine plus très jeune, Rosemary, qui a probablement fait woodstock. La total hippy, qui se balance d'un côté à l'autre de sa chaise lorsqu'elle ne parle pas. Elle aussi s'est lancé dans l'expérience Rakı : "so strong"m'a t-elle confié.
Grégoire qui prend des leçons de turc avec Baran sur une serviette de table.
Vers 1h du matin, nous sommes montés au dernière étage du bar, sur le toit terrasse qui sert de piste de danse. Baran et Rosemary ont entamé des chorégraphies, qui n'étaient pas sans me rappeler Pauline en train de danser dans ses meilleures moments... Mais encore plus concept.
La musique n'était vraiment pas géniale donc Baran nous a proposé de bouger dans un autre bar dansant, à quelques rues de là. En réalité, il nous a ouvert les portes d'un des lieux les plus sympa d'Istiklal. Le bar était aussi situé au dernier étage d'un immeuble. Le panorama était super et l'ambiance extra.
Nous sommes restés jusqu'à 5h du matin. La musique était au top, j'ai même dansé sur Lauryn Hill (Mr Intentionnal pendant 5 bonnes minutes).
Emménagement (dimanche 27 sept)
J'ai enfin récupéré les clés de ma nouvelle maison. Ma chambre est vraiment très grande et les autres colocataires ont tous l'air sympa; ma voisine de chambre est danoise, elle s'appelle Sanne. Il y a aussi Martty le Finlandais et Johannes l'Allemand. Plus 2 filles turques (Dilan et Danis) ainsi qu'un garçon turc dont je ne connais pas le prénom.
L'ambiance est un peu tendu car l'un des meilleurs potes du garçon turc vient de se faire écraser par un bus, en sortant de chez nous... Il y a à peine 3 heures. Il est mort en arrivant à l'hôpital.
Premier jour de cours ! (Lundi 28 sept)
Vraiment trop dur... la glande totale pendant plusieurs heures sur la terrasse de la fac, en plein soleil...

Pour ce qui est des cours, ceux que j'ai été voir paraissaient vraiment très intéressants : questions d'actualités turques à travers la presse écrite, histoire de l'empire ottoman, la Turquie dans la presse étrangère. J'ai accès à la plupart des cours dans les divers départements de la fac. Je ne sais plus trop quoi choisir tellement il y a de matières intéressantes.
Demain c'est "identité et citoyenneté en Turquie", Histoire du monde musulman et la mondialisation et ses problèmes. Rien que les titres sont alléchants!
Le prof des questions d'actualités turques est un français, il a notamment aborder le problème, pardon la "question" kurde en Turquie. Il nous donne une foule de détails sur le quotidien politique, social ou religieux. C'est exactement le genre de cours que recherche la plupart des étudiants Erasmus; surtout pour un pays au statut aussi complexe que la Turquie. Même si l'on se doute que la question est complexe, nous sommes blindés de clichés et de préjugés (bons ou mauvais) sur ce pays qui fait le lien entre Orient et Occident. D'ailleurs tous les profs ont évoqué l'image d'un pont lorsqu'ils parlent de la Turquie, à plus forte raison d'Istanbul.
Le statut de la presse écrite est vraiment très différent ici. Du moins ce que j'ai pu en comprendre pour les grands quotidiens. Il nous a expliqué que l'information écrite était fortement dépendante de celle télévisuelle. La plupart des journaux sont liés à une chaîne de télévision et reprennent les grandes lignes du journal tv.
Pour ce qui est de la liberté de la presse, un récent colloque entre journalistes turcs et français a démontré que les pressions étaient comparables et essentiellement économiques d'ailleurs. Et malgré une importante soumission à la presse télévisuelle, celle écrite conserve un certain prestige, avec notamment de grands éditorialistes et une grande diversité des publications.
C'est une approche et un système vraiment différent du notre. Je vais m'arrêter là avant de devenir vraiment barbante et vous refaire le cours en entier.
En tout cas cette première journée m'a vraiment emballée. (A part l'explication d'une bibliographie de 50 noms l'un après l'autre pendant une heure dont la moitié des ouvrages étaient écrit en turc).